Comme le Front des Gauches l’a exprimé clairement dans plusieurs conférences de presse et meetings, nous ne pensons pas que la solution de la crise communautaire se trouve dans un changement institutionnel. Nous partons du principe que, quelle que soit la structure institutionnelle, celle-ci doit respecter les droits démocratiques des éventuelles minorités et se donner les moyens pour que ces droits puissent être mis en pratique.
Nous parlons bien sûr des droits électoraux et du droit au traitement juridique dans sa propre langue pour les francophones en Flandre. Dans n’importe quel pays démocratique, une minorité de 120.000 personnes recevrait des droits de minorité, mais aussi des droits sociaux fondamentaux. Le déclin économique continu depuis le milieu des années ’70 a fait des trous toujours plus grands dans le tissu social. De plus en plus, les pénuries se sont s’accumulées, en commençant par un manque d’emplois de qualité et bien payés et un manque de logements abordables. Pour une place à l’école ou dans l’accueil de la petite enfance, les parents sont mis aujourd’hui en compétition. Dès qu’il y a des pénuries, les rivalités surgissent pour savoir qui va obtenir le peu qui est disponible.
C’est dans ce contexte que les responsables politiques actuels jouent leur jeu de diviser pour régner. En Belgique, il est remarquable que les tensions communautaires coïncident toujours avec des moments où on doit assainir sur le dos de la majorité de la population - les travailleurs, les femmes, les chômeurs, les jeunes, les pensionnés… - afin de protéger les profits d’une petite élite riche. Les chamailleries communautaires des dernières années reflètent d’un coté l’existence de ces pénuries et l’incapacité des responsables politiques de les résoudre - pour cela il faut en effet s’attaquer aux profits, et mieux répartir entre tous la richesse produite par les travailleurs. D’un autre coté, les querelles communautaires ont pour but de détourner l’attention des problèmes fondamentaux et semer la division parmi la population, qui pourrait résister à cette politique qui ne sert que les intérêts du patronat.
Outre la fin des harcèlements et provocations mutuelles, les solutions que propose le Front des Gauches sont des revendications essentiellement sociales et démocratiques qui doivent être présentes quelle que soit la structure. C’est dans ce sens que nous nous opposons à une scission de BHV sans solution pour les droits électoraux et juridiques des francophones dans la périphérie et que nous nous opposons aussi à un élargissement de Bruxelles qui ne garantirait pas le respect des droits de la minorité flamande existant aujourd’hui en Région bruxelloise. Nous considérons les revendications de « scission de BHV sans concessions » et d’« élargissement de Bruxelles », mis en avant par les partis traditionnels des deux camps, comme des provocations qui n’ont justement, de ce fait, aucune chance de réussir et n’ont d’ailleurs pas la réussite comme but. Ces revendications ne sont pas avancées pour mener des négociations avec « l’autre », mais simplement pour être utilisées auprès de son public spécifique.
Il est donc erroné de présenter le point de vue du Front des Gauches comme étant favorable à une "grande province de Brabant", comme cela a été présenté dans la presse la semaine passée. L’idée de la réunification de la province de Brabant est une idée personnelle de Jan Bucquoy, cinéaste, esprit créatif et grand amateur de Bruxelles. A la conférence de presse avec trois candidats flamands de la liste Front des Gauches à la Chambre à BHV, le point de vue exposé ci-dessus a été énoncé clairement, mais seule la remarque de Jan Bucquoy sur la grande province de Brabant a été retenue.
Contact : Anja Deschoemacker, Tête de liste du Front des Gauches pour la Chambre à BHV, 0473/922.833

