Pourquoi suis-je candidat sur la liste du Front des Gauches ?
C’est très positif que six organisations de la gauche radicale se rassemblent. C’est une nouvelle tentative vraiment importante de dépasser les divisions, les querelles, les sectarismes qui séparent bien trop souvent des organisations et des militant(e)s aux objectifs proches. Réunis en un seul mouvement, au bout d’années d’efforts collectifs, ils pourraient ensemble changer la situation politique. La campagne électorale est un moment important et au-delà de celle-ci, il faudra faire tout notre possible pour consolider la capacité d’agir en commun.
L’interconnexion des crises du capitalisme rend nécessaire des alternatives anticapitalistes, antiracistes, féministes, internationalistes, écologiques et socialistes et le Front des Gauches va dans ce sens.
Karl Marx avait raison en affirmant que l’émancipation des opprimés sera l’œuvre des opprimés eux-mêmes. Le capitalisme ne s’effondrera pas de lui-même, il faut l’action consciente et démocratique des peuples pour le remplacer par le socialisme qui vise à mettre fin à toutes formes d’oppression.
Qui suis-je ?
Né en 1954, j’ai passé toute ma jeunesse à Retinne (près de Liège), un village de mineurs de charbon où mes parents étaient instituteurs. Dans ce village de 2500 habitants, il y avait plus de 30 nationalités différentes. Dans ma classe d’école primaire, j’étais le seul belge et j’ai énormément apprécié l’apport des différentes cultures. J’ai été vacciné contre toute forme de racisme car je sais combien la diversité est importante.
À 15 ans, en 1968, j’ai contribué à lancer à l’Athénée de Chênée un comité de lutte lycéen qui s’est étendu à plusieurs établissements. C’est le début de toute une série de combats. En 1970, j’ai adhéré à la Quatrième Internationale (et à sa section belge qui aujourd’hui porte le nom de Ligue Communiste Révolutionnaire) pour deux raisons : l’action de ses militants dans les luttes ouvrières et sa capacité à proposer une stratégie révolutionnaire mondiale en pratiquant un marxisme critique. Enseignant durant 20 ans dans l’enseignement technique et professionnel de la Ville de Liège, j’ai exercé différentes responsabilités syndicales à la CGSP-secteur enseignement. J’ai également donné pendant 4 ans (1980−1984) des cours d’économie marxiste et de doctrine syndicale à la Fondation André Renard, l’école de formation syndicale de la FGTB Liège-Huy-Waremme.
La solidarité internationale est devenue de plus en plus présente dans mes activités et réflexions : la solidarité avec les grèves des travailleurs polonais, des mineurs britanniques (1984−1985), avec les luttes des Palestiniens, l’appui aux expériences révolutionnaires comme au Nicaragua entre 1979 et 1989, l’opposition au blocus auquel Washington soumet Cuba. En 1990, j’ai participé activement à la création du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde dont je suis devenu président. Ce comité est devenu depuis un réseau international qui est implanté dans 29 pays sur 4 continents et dont le secrétariat international est basé à Liège (voir son site www.cadtm.org). Il réunit des syndicats, des mouvements de femmes et de jeunes, différentes organisations citoyennes qui luttent contre la dictature des créanciers qui sévit aujourd’hui tant au Sud de la Planète que dans les pays du Nord (voyez ce qui se passe aujourd’hui en Grèce et dans quelques mois en Belgique). En 1999-2001, j’ai également participé à la création d’ATTAC ainsi qu’à celle du Forum social mondial et de son Conseil international.
En 2007-2008, le gouvernement équatorien (pays latino-américain de 13 millions d’habitants qui a un territoire 10 fois plus grand que la Belgique) m’a demandé de l’aider à auditer la dette publique afin de réduire radicalement celle-ci (ce qui a réussi en 2009). J’ai conseillé ce gouvernement sur la mise en place d’une banque du Sud qui aujourd’hui regroupe sept pays (dont le Brésil, le Venezuela et l’Argentine) et devrait commencer ses activités en 2012. Fernando Lugo, le nouveau président paraguayen m’a également demandé de le conseiller en matière de dette, de même que le ministre de la planification du Venezuela. J’ai rendu ces services à des gouvernements de manière bénévole car ce qui importe dans la vie, c’est de contribuer en pratique aux changements, pas de vivre en consommant un maximum. Cela m’a permis également de garder une totale indépendance à leur égard. En 2010, a eu lieu en Belgique le 16e congrès mondial de la Quatrième internationale (http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=871) et j’ai été réélu à son Comité international. Depuis une quinzaine d’années, j’ai écrit, seul ou à quatre mains, une dizaine de livres qui donnent des clés pour comprendre la situation internationale et le système dans lequel nous vivons (voir la liste de mes publications sur internet : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Toussaint). Deux de ces livres ont été traduits en plus de dix langues différentes.


