Ingénieur agronome - Militant de la LCR et journaliste écosocialiste – Spécialiste des changements climatiques - Membre fondateur de « Climat et Justice Sociale » - Auteur de « L’impossible capitalisme vert » (à paraître aux Editions La Découverte, sept 2010).
Le capitalisme dégrade à la fois l’humanité et la nature dont nous faisons partie. Le capitalisme vert est une contradiction dans les termes. La course au profit implique une croissance infinie de la production matérielle, impossible dans un monde fini. Elle implique notamment l’utilisation des combustibles fossiles, qui détraquent le climat de la planète. Voici la quadrature du cercle capitaliste : nous devons à la fois satisfaire les besoins sociaux de trois milliards d’êtres humains qui manquent de l’essentiel, d’une part, et réduire la consommation d’énergie pour réussir le passage aux sources renouvelables, d’autre part. Ce n’est possible qu’en partageant le travail et les richesses, en supprimant les productions inutiles ou nuisibles (armes, publicité), en relocalisant l’économie, en arrachant les secteurs de l’énergie et du crédit des mains capitalistes et en organisant une transition démocratiquement planifiée et décentralisée, sous le contrôle actif des populations. Il faut donc lutter en même temps sur les deux fronts, social et écologique, dans une même perspective anticapitaliste et antiproductiviste - en un mot : écosocialiste. Au lieu d’opposer l’emploi et le revenu à l’environnement, ou vice-versa (comme font le PS et Ecolo), battons-nous pour des revendications qui répondent à la fois aux besoins sociaux et à la sauvegarde des équilibres naturels : refinancement massif du rail, reconversion des travailleurs des entreprises polluantes avec maintien des acquis, réduction collective et radicale du temps de travail sans perte de salaire (avec baisse des cadences et embauche compensatoire), transports publics gratuits, création d’une entreprise publique pour isoler et rénover toutes les maisons,… Qu’on arrête de culpabiliser la population au nom de la planète ! C’est la tendance capitaliste à la surproduction qui cause la tendance à la surconsommation, pas l’inverse, et le système ne tient debout que grâce à l’accumulation de misère pour le plus grand nombre. Le but, c’est le « bien vivir », comme disent les peuples indigènes d’Amérique latine. Plus d’égalité sociale et des changements structurels sont les deux conditions pour que les mentalités évoluent en profondeur au niveau de toute la population, et que les efforts individuels soient efficaces.


