Nicole Vandemaele

Candidat d’ouverture — Jumet — 17e candidate effective sur la Liste Chambre en Hainaut

Médecin géné­ra­liste, mili­tante fémi­niste, ex vice-​​présidente de l’ARACH (comité des rive­rains de l’aéroport de Gos­selies), ex-​​conseillère com­munale à Charleroi.

Habitant dans une ville qui connaît 30% de chômage depuis trente ans et tra­vaillant dans le secteur de la santé, je peux toucher du doigt ce qui fait le quo­tidien d’un bien trop grand nombre d’entre nous.

Quels sont les pro­blèmes cen­traux alors qu’en Wal­lonie une per­sonne sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté ?

Réponse : que mettre de correct dans l’assiette jour après jour ? Comment vivre alors que les enfants devenus adultes n’ont pas de revenus suf­fi­sants pour quitter le ou les parents et que beaux enfants et petits enfants agran­dissent la mai­sonnée dans une habi­tation devenue petite et non isolée du point de vue acoustique ?

Comment acheter un nouveau paquet de langes au petit quand on n’a pas le budget indis­pen­sable pour se pro­curer le lait conseillé par le médecin de l’ONE ?

Comment payer la note du chauffage de cet hiver, régler le phar­macien et rester en ordre de mutuelle si l’on a une petite pension et que pendant la vie de travail on n’a pas pu acheter son habitation ?

Bref, comment boucler le mois ? Et puis il y a ces emplois, tous ces emplois qui n’existent pas (puisqu’ils se perdent par dizaines chaque jour) mais que l’on est obligé de trouver. Ces emplois pour les­quels on postule mais ne reçoit pas de réponse. Sauf pour s’entendre dire

- que l’on est « sur­qua­lifié », « sous qua­lifié », « trop jeune, sans assez d’expérience », « ou trop âgé », ou pour recevoir des com­men­taires du type :

- « Dites, vous vous croyez vraiment assez bien habillé pour pos­tuler ici ? » Vient alors le ques­tion­nement, le doute : « je suis inca­pable, je suis impuissant, je ne vaux rien »

Suivent repli sur soi, iso­lement social, échap­pement dans l’alcool, les drogues, les jeux vir­tuels (où l’on est invin­cible et à défaut, où l’on peut tou­jours tout reprendre à zéro), glis­sement de la per­sonne hors de cette réalité trop dure, trop angoissante…

A ce moment aussi sur­gissent les démons, les autres qui sont cause de tout : « les jeunes qui ne sont plus comme dans le temps », « les vieux qui pour­raient céder leur place aux jeunes », « les femmes dont la place est à la maison », « celui-​​là dont la peau mate dit qu’il n’est pas d’ici » quand bien même il y est né, « cette femme qui porte foulard » et n’a qu’à s’occuper de ses enfants…

Et tout cela nous divise, nous isole, diminue nos pos­si­bi­lités de connaître une vie heureuse.

Car nous sommes « des animaux sociaux » et ne pouvons être heureux seuls. Nous avons besoin de rela­tions humaines, cha­leu­reuses, tendres, soli­daires comme nous avons besoin d’une vie digne, d’un revenu décent, d’une ali­men­tation et d’un logement cor­rects, dans un envi­ron­nement sain.

Tout ce qui atomise et divise la société (la pré­carité et l’isolement social, le mépris, le racisme, les bri­mades) diminue notre bonheur indi­viduel et cela indé­pen­damment de la situation de chaque per­sonne car ce qui émane de notre envi­ron­nement retentit sur la qualité de vie de chacun de nous. Et ce ne sont pas les miroirs aux alouettes de la com­mu­ni­cation qui y chan­geront quelque chose :

- ni les GSM derniers cris, ni les gigantesques écrans plasma ;

- ni cet aéroport déve­loppé centre ville, au mépris de la santé du plus grand nombre ( chacun sait que le kérosène tombé du ciel n’est bon à la santé de per­sonne) pour per­mettre à quelques uns de s’envoler le matin goûter le soleil du midi et d’en revenir le soir par la grâce des sub­sides collectifs.

Tout cela donne l’illusion d’une com­mu­ni­cation pourtant de plus en plus défi­ciente dans cette société où les places se font tel­lement rares et chères que l’on est poussé à marcher sur la tête du voisin pour en obtenir une…ce qui contribue à ce que malheur et iso­lement deviennent chaque jour plus criants.

Voilà pourquoi, le Front des Gauches, alliance de petits partis de gauche et de per­sonnes pro­gres­sistes était indispensable.

Voilà pourquoi voter Front des Gauche est un vote utile

- pour voter pour ce que nous pensons et voulons vraiment ;

- pour voter utile (et non blanc ou nul, ce qui ren­for­cerait la poli­tique des partis qui nous ont menés là où nous sommes aujourd’hui) ;

- pour défendre les vrais enjeux ensemble : contre le chômage, la pré­carité, les dis­cri­mi­na­tions de tous ordres, les trop basses pen­sions, les attaques contre la sécurité sociale, le déman­tè­lement des ser­vices, biens et trans­ports publics ;

- pour réduire les dépenses inutiles d’armement (les armes tuent quelque part dans le monde) ou de publi­cités qui nous « prennent sans fin la tête » ;

- pour se consacrer aux vrais besoins : une éducation de qualité et des soins de santé acces­sibles à tous, un logement décent et une ali­men­tation suf­fi­sante et saine pour tous, dans un envi­ron­nement dont nous pré­ser­verons la qualité car nous devrons le trans­mettre aux géné­ra­tions futures.

Et cela passe non par des cadeaux aux banques qui n’en ont que trop reçus, mais par une reva­lo­ri­sation sociale et écono­mique de tous les acteurs de ces sec­teurs : ensei­gnants, éduca­teurs, for­ma­teurs, agri­cul­teurs, tra­vailleurs de la santé et des ser­vices publics et de tous ceux et celles qui, quel que soit le secteur, par leur travail ou leur action apportent un sur­croît de soli­darité sociale et de bien-​​être à l’ensemble de la société. Dans une société qui trans­forme tout en argent, qui réduit tout, y compris les êtres humains, selon le seul et unique critère des dieux argent et profit, il y a deux mondes : celui des odieu­sement riches et puis­sants qui ne connaissent pas leur fortune mais dont la logique impla­cable est de l’accroître sans fin et celui d’une mul­titude tou­jours plus nom­breuse, les sans logis, du quart monde, du tiers monde, celui des exploités de l’enfance à la mort, celui des morts innom­brables des guerres (pour le pétrole !), des famines évitables et des maladies curables, celui, enfin, des morts de la pauvreté…Celui des enfants colom­biens des rues aux­quels on vole un œil pour le revendre à un mal­voyant, occi­dental peut-​​être , suf­fi­samment nanti cer­tai­nement que pour le payer très cher. Celui où un joueur de foot « s’achète », où on tra­fique les êtres humains, les pros­titue ou les tue pour de l’argent (snuff movies).

Ce monde n’est pas le nôtre,

À nous de nous atteler ensemble à construire celui que nous voulons !

Voilà la réponse du Front des Gauches et cette réponse là, ou elle ne se fera pas, ou c’est tous ensemble que nous la ferons.

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