Économiste, membre du CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde) et du Comité international du Forum social mondial.
Qui suis-je ?
Licencié en sciences économiques à l’Université de Liège et agrégé de l’enseignement secondaire supérieur (AESS), j’ai exercé le métier de professeur d’économie à Lubumbashi, en République Démocratique du Congo, de 2000 à 2003. Cette expérience a été très riche pour moi. C’est là que j’ai compris le sens que je voulais donner à ma vie, à savoir lutter, humblement mais activement contre toutes les formes d’injustices. N’oublions pas l’essentiel : la situation actuelle est inhumaine, intolérable et doit cesser. Il est tout simplement inacceptable que la majorité des êtres humains se voient privés de leurs droits fondamentaux. Privés d’eau potable, de nourriture et de logements décents. Privés d’accès à la santé et à l’éducation. Pour moi, aucun être humain, en particulier les « privilégiés » dont je fais partie, n’a le droit d’accepter cette situation, ni comme une simple donnée statistique, ni comme une fatalité.
C’est également au Congo que j’ai pris pleinement conscience du rôle de la dette dans l’explication de la crise économique et sociale dans laquelle les peuples sont plongés depuis de trop longues décennies. C’est ainsi qu’en 2003, avec des universitaires de l’UNILU (Université de Lubumbashi), des professeurs de l’enseignement public congolais et d’autres militantes et militants, j’ai aidé à la création du CADTM Lubumbashi, qui est toujours actif aujourd’hui.
De retour en Belgique en 2004, j’ai rejoint le CADTM, réseau international qui milite activement sur les 4 continents pour l’annulation de la dette du tiers monde et des rapports Nord-Sud radicalement différents. Convaincu du fait que « comprendre, c’est déjà commencer à lutter » (Jean Ziegler), j’ai contribué au développement des activités d’éducation populaire du CADTM, notamment en direction de la jeunesse. Dans la poursuite de ce travail, j’ai participé en 2006 à la création du GTS/CADTM Liège (Groupe Thomas Sankara), qui a pour objectif principal de relier le « local » et le « global », dans l’analyse et dans l’action.
Depuis 2008, je concentre une partie importante de mon activité à la coordination internationale des mouvements sociaux dans le cadre du processus altermondialiste.
Pourquoi je suis candidat pour la liste Front des Gauches ?
Avant toute chose, il faut rappeler que tout le monde fait de la politique. Politique vient du grec « politikè » et signifie la « science des affaires de la Cité ». Dans ce sens, dans notre travail, dans la façon dont nous nous comportons avec les autres, dans nos choix de consommation, dans l’analyse que nous faisons du monde qui nous entoure mais aussi dans nos actions, nous faisons toutes et tous de la politique. Pour moi, faire de la politique, c’est mettre ses capacités, intellectuelles et physiques, au service d’un projet émancipateur pour l’humanité.
Pour ma part, cela est passé par une implication dans le mouvement altermondialiste et les mouvements sociaux comme le CADTM. Mais cela passe également par une implication dans un parti politique. Si je milite au sein de la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire, section belge de la Quatrième internationale) depuis 2004, c’est pour soutenir les travailleurs et travailleuses qui luttent contre la crise capitaliste, en donnant de la légitimité à ces luttes et en proposant un relais politique. Il s’agit également de refuser la logique du moindre mal défendue par les partis traditionnels au pouvoir qui veulent nous faire croire qu’il n’y a pas d’autres choix possibles que ceux pris actuellement. Alors qu’ils se « plaignent » de la perte de confiance des citoyens dans la politique, les dirigeants devraient se rendre compte que cela fait trop longtemps que c’est le monde politique qui ne fait plus confiance aux citoyens. En Irlande, en France, En Grèce, en Islande, malgré des mobilisations massives, les dirigeants continuent d’appliquer des politiques contraires aux revendications légitimes des peuples. Il faut rompre avec cette logique et affirmer que la démocratie ne se décrète pas, elle se pratique et se construit, par les peuples, pour les peuples et avec les peuples.
Dans cette situation, il est donc de notre devoir, de montrer que cela suffit et que les réponses palliatives basées encore dans la logique du marché ne nous intéressent pas. Il est urgent de mettre en place des alternatives à la mondialisation capitaliste. Et ces alternatives existent et pourraient être mises en place dès aujourd’hui s’il y avait une volonté politique ! la nationalisation du secteur bancaire ou encore la réduction du temps de travail sans perte de salaire et avec embauches compensatoires sont des mesures urgentes qui pourraient constituer un premier pas dans la bonne direction.
Depuis des années, nous savons toutes et tous que l’unité de la vraie gauche, aussi difficile soit-elle à réaliser, est une nécessité absolue si nous voulons rompre avec la logique capitaliste en cours. De manière assez légitime, beaucoup de citoyens critiquaient la grande division de la gauche radicale. Maintenant que l’unité est là, malgré toutes ses faiblesses, il s’agit de la soutenir le plus possible, afin de donner un signal fort, et de faire en sorte que ce front puisse s’inscrire dans le long terme et qu’il devienne un outil utile pour les luttes à venir
N’oublions pas que toutes les conquêtes sociales de l’humanité, (abolition de l’esclavage, fin de la colonisation, sécurité sociale, mais aussi le droit de vote, etc.) ne sont jamais venues en premier lieu d’un geste généreux ou d’un acte courageux de responsables politiques. Elles ont toutes été le fruit de luttes et de mobilisations populaires qui ont réussi à modifier le rapport de force en faveur des opprimés. Si l’on veut parvenir à transformer radicalement la société et avancer vers l’émancipation sociale des peuples, la construction d’un large mouvement populaire, conscient, critique et mobilisé est donc une priorité. Etre candidat au Front des Gauches, c’est inviter un maximum de citoyens à agir avec nous dans ce sens : faire converger les volontés individuelles et les articuler dans un mouvement collectif conscient et organisé afin de s’opposer au système patriarcal et capitaliste qui nous opprime et nous exploite.
Articles d’Olivier Bonfond
Pourquoi est-il raisonnable d’être anticapitaliste


