Étudiant en Sciences politiques à l’ULB (j’approche de la fin de mes études), j’ai été ou suis encore actif essentiellement dans le mouvement étudiant (surtout en tant que délégué étudiant), dans le mouvement altermondialiste (au sein de l’association Attac) et dans le mouvement avec les personnes sans papiers.
Initialement pro-Ecolo, je suis depuis quelques années convaincu de la nécessité de changements radicaux pour stopper la barbarie et l’injustice du système actuel (que l’on peut je pense résumer sous le vocable de "capitalisme") et que ce n’est pas avec l’un des quatre partis traditionnels que l’on arrivera à une société écologique, pacifique et où règnerait la liberté et la justice sociale.
Malheureusement, depuis toujours, les partis "vraiment à gauche", à gauche du PS et d’Ecolo donc, ne parviennent pas à s’unir, ne fût-ce que pour se présenter aux élections.
Cette fois-ci cependant, la plupart d’entre eux sont parvenus à s’unir dans le "Front des Gauches", un rassemblement d’organisations et de militants socialistes, écologistes, communistes [ce qui ne veut pas dire nostalgiques de l’URSS ou amis de la Chine], pacifistes, humanistes, syndicaux, associatifs, d’objecteurs de croissance… C’est cette union qui m’a convaincu de me présenter comme candidat d’ouverture de cette liste.
Les thématiques me motivant le plus sont :
— la justice sociale, qui passe essentiellement par une répartition plus juste des richesses : ce n’est pas normal que des gens qui ne travaillent pas (des rentiers) ou qui travaillent, même si un peu plus (dur) que les autres, gagnent 10 fois, 100 fois, etc. plus que les autres ; aujourd’hui, notre société est arrivée à un tel niveau de développement technique que nous pourrions tous vivre très confortablement si nous répartissions équitablement les richesses ; par une réforme fiscale (surtout, en taxant les revenus du capital, presque pas taxés aujourd’hui), nous pourrions donc dégager beaucoup d’argent, pour moins taxer les plus pauvres et pour financer un certain nombre de propositions du programme du Front des Gauches ;
— l’emploi et le partage du temps de travail : il y a énormément de chômeurs en Belgique qui la plupart du temps subissent cette situation et la vivent très mal, à côté de cela, beaucoup de gens ont un emploi et se tuent au travail, n’ayant plus vraiment le temps ni l’énergie de faire autre chose de leur semaine (que ce soit pour eux ou leur famille) ; nous devrions donc répartir le temps de travail, en commençant par la semaine des 4 jours (32h/semaine) ;
— la défense des services publics, en particulier l’enseignement, afin d’avoir un enseignement de qualité et accessible à tous ; cela passe entre autres par un refinancement de l’enseignement, à hauteur de minimum 7 % du PNB ;
— l’écologie : aujourd’hui, nous vivons dans un système productiviste, un système de surproduction et de surconsommation (du moins pour la plupart des gens des pays riches), ce caractère productiviste est inhérent au capitalisme dont le but fondamental est de faire du profit (pour quelques-uns) et dont les armes sont de vendre encore et toujours plus, notamment grâce aux publicités commerciales, qui constituent une propagande permanente et présente partout dans notre société ;
— la liberté tout simplement, but ultime : on ne peut être heureux sans être libre, et si la liberté passe par la justice sociale, par le fait de ne pas être toute sa vie esclave d’un job avilissant car il faut bien gagner sa vie, elle passe aussi par garantir et faire respecter des droits fondamentaux pour l’ensemble de la population ; à ce sujet, une partie de la population, ici-même en Belgique, est presque sans droits, vit dans la misère et la peur, je parle bien sûr des personnes sans papiers ; face à cette situation, il faut agir à deux niveaux : d’une part empêcher les multinationales de piller les pays "sous-développés", cause principale de l’exil forcé de nombreuses personnes et d’autre part, pour les gens qui finalement sont arrivés en Belgique et y ont leur vie, leur donner des papiers et donc les mêmes droits qu’aux autres, ce qui implique donc également la suppression des centres fermés (réputés pires que des prisons, pour des gens qui n’ont pourtant commis aucun crime) et l’arrêt des expulsions.
Bref, pour toutes ces raisons, si vous avez la chance de pouvoir voter le 13 juin prochain, je vous invite à ne pas vous abstenir (ce qui serait un message nettement moins clair et plus facilement "détournable" que de voter pour un programme et des gens clairement identifiés) et à voter pour le Front des Gauches. Voter pour le Front des Gauches, c’est aussi voter pour l’unité des Gauches, encourager ceux qui ne sont pas (encore) dans le Front des Gauches à le rejoindre.
En termes de voix de préférence, je vous invite également à voter pour les candidats d’ouverture, afin de montrer aux différentes organisations qui composent le Front des Gauches qu’elles doivent approfondir leur volonté d’ouverture vers des militants non encartés.
Pour conclure, je dirais que l’essentiel de nos acquis sociaux ont été obtenus en nous battant pour les obtenir, via des manifestations, des grèves, etc. C’est donc avant tout dans la rue et non dans les urnes qu’on peut changer les choses. Une campagne électorale n’est pour moi avant tout qu’une occasion de faire passer un message, de faire passer des idées. Et c’est beaucoup plus en obtenant un, deux voire quelques pour cents des voix plutôt que 0,5 % que nos idées auront peut-être, enfin, un peu plus d’écho.


